vendredi 14 octobre 2022

Une guerre que nos médias ignorent.

 

Interviewé mercredi 12 octobre sur France 2, Emmanuel Macron a accusé la Russie de « jouer le jeu » de l’Azerbaïdjan avec la complicité de la Turquie, alliée de Bakou. La Russie utiliserait, selon lui, le conflit au Haut-Karabakh pour affaiblir l’Arménie.

« C’est une manœuvre de déstabilisation de la Russie qui, dans le Caucase, cherche à créer le désordre pour tous nous affaiblir et nous diviser », a déclaré le président français sur le plateau de l’émission « l’Évènement ».

A l’évidence le président Macron est mal informé.

Aussi curieux que cela puisse paraître c’est la Russie qui a réussi – lors de la guerre de l’automne 2020 – à maintenir gelé ce conflit. Les forces armées russes assurant une sorte de bataillon de la paix entre les 2 belligérants.

Du fait que la Russie est empêtrée dans la guerre en Ukraine, l’Azerbaïdjan (soutenu par la Turquie) s’est lancé dans une guerre de conquête et d’annexion de territoires arméniens. C’est l’avenir même de l’Arménie qui est en cause. Turquie et Azerbaïdjan rêvent d’un retour vers un nouvel Empire Ottoman dans cette région du monde.

Le président russe juge que son homologue français ne comprend pas le conflit du Haut-Karabakh « Je pense qu’il y a une absence de compréhension du déroulement du conflit dans ces déclarations et, visiblement, d’informations de la France sur la position des parties », a affirmé Vladimir Poutine

A l’évidence les déclarations du président Macron vont décrédibiliser notre diplomatie dans le Caucase.

A dire vrai cette guerre ne semble pas de nature à troubler les consciences de nos médias nationaux qui sont très discrets sur ce sujet. C’est le moins que l’on puisse dire.

Les conquêtes territoriales des uns sont-elles plus condamnables 

que les conquêtes des autres ?

jeudi 13 octobre 2022

"Omar m'a tuer": la requête en révision d'Omar Raddad à nouveau rejetée

 C’est assurément un scandale judiciaire auquel nous assistons.

Vous trouverez ci-dessous un texte argumenté de BFM-TV

 

La chambre de l'instruction de la Cour de révision a rejeté une nouvelle fois la demande en révision du procès d'Omar RADDAD, condamné à 18 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de sa patronne Ghislaine Marchal.

"La décision rendue par la commission d’instruction ne porte pas sur la culpabilité ou l’innocence de la personne condamnée: elle se limite à déterminer si les éléments nouveaux peuvent permettre à la Cour de révision et de réexamen de remplir son office", rappelle la Cour de révision dans un communiqué.

"À cet effet, la commission d’instruction doit s’assurer que les éléments nouveaux qui lui sont soumis sont réels, sérieux et qu’ils ont un rapport avec le crime ou le délit dont il est question", précise-t-elle encore.

"Cette affaire devient l’une des plus grandes erreurs du 21e siècle", a réagi avec virulence Me Sylvie NOACHOVITCH, l'avocate d'Omar RADDAD, se disant "scandalisée" par cette décision de justice.

 "Éléments nouveaux"

En décembre dernier, la défense d'Omar RADDAD, condamné il y a 28 ans pour le meurtre, qu'il a toujours nié, d'une riche veuve Ghislaine Marchal, avait pourtant obtenu la réouverture du dossier. En mai puis en septembre dernier, elle a présenté à la chambre de l'instruction de la Cour de révision des "éléments nouveaux" nécessitant, selon elle, un supplément d'informations en vue d'une éventuelle révision du procès du jardinier, si ces derniers avaient été transmis à la cour de révision.

 

Ces éléments provenaient d'une "enquête secrète" de la gendarmerie entre 2002 et 2004, après les confidences d'une informatrice sur un possible mobile crapuleux du meurtre de Ghislaine Marchal à son domicile à Mougins dans les Alpes-Maritimes. Ces investigations avaient été révélées dans un livre paru en mars, "Ministère de l'injustice" de Jean-Michel DECUGIS, Pauline GUENA et Marc LEPLONGEON.

 

Lors d'une dernière audience à huis clos, le 15 septembre, Me Sylvie NOACHOVITCH a demandé les auditions de gendarmes ayant participé à cette enquête. Cette demande de supplément d'informations se base aussi sur les progrès de la science. L'avocate a également plaidé en faveur de la désignation d'un laboratoire spécialisé en recherche en parentèle pour déterminer l'appartenance de certains ADN.

On parle là de quatre ADN découverts sur des pièces à conviction et qui ne correspondent pas à celui d'Omar RADDAD. L'un de ces ADN masculins apparaît notamment à 35 reprises sur les deux portes où a été inscrit, en lettres de sang, l'inscription "OMAR M'A TUER". Il a également été retrouvé entre les doigts de Ghislaine Marchal. La justice a longtemps considéré qu'il pouvait s'agir d'empreintes déposées par un gendarme. Dans des notes de 2019 et 2020, un expert en génétique a toutefois conclu en faveur de l'hypothèse d'un dépôt de ces empreintes au moment des faits et non d'une "pollution" ultérieure.

d’après BFM-TV

dimanche 9 octobre 2022

Soutenons les femmes iraniennes

 

En Iran les femmes manifestent pour leur Liberté

Le 13 septembre 2022, Mahsa AMINI, une jeune Kurde iranienne de 22 ans en visite à Téhéran, est arrêtée dans une rue de la capitale  par la police des mœurs pour non-respect du code vestimentaire strict de la République islamique, à savoir le port d’un voile entre autre pour masquer les cheveux.

Elle décède le 16 septembre à l’hôpital, trois jours après son arrestation.

Ce décès révolte les femmes iraniennes. Les premières protestations ont lieu. A ce jour le mouvement de contestation entre dans sa quatrième semaine. La  colère s’est installée dans tout le pays

Au moins 95 morts depuis le début de la mobilisation

La répression contre le mouvement s’est accrue.

Nous assistons là au plus important mouvement depuis les manifestations contre la hausse des prix l’essence en 2019.

L’ONG Iran Human Rights (IHR) basée à Oslo a fait état dans un dernier bilan d’au moins 95 morts depuis le 16 septembre.

Ce qui est nouveau c’est le soutien actif de la population. Des centaines d’Iraniennes, protégées par des foules entières d’hommes et de femmes, brûlent leur voile publiquement, en mémoire de la jeune femme, érigée au rang de martyre. Elle devient le symbole de ce que les Iraniennes et les Iraniens ne peuvent plus supporter : l’arbitraire, le contrôle de la vie privée, l’omniprésence de cette police des mœurs qui s’arroge tous les droits.