lundi 1 juillet 2019

CLIMAT : la politique environnementale du gouvernement brésilien ne va pas dans le bon sens.



Adriana RAMOS, chercheuse associée de l’Institut socio-environnemental au Brésil, considère, dans un entretien au « Monde », que le président BOLSONARO ne fait que « défaire ce qui a été fait » alors que les questions de l’environnement sont prioritaires.

Avant même d’arriver au pouvoir, le président BOLSONARO avait pensé supprimer le ministère de l’environnement. Il l’a maintenu mais cela ne signifie pas pour autant qu’une politique de lutte contre le réchauffement climatique sera mise en place, et cela malgré l’accord que le Brésil vient de ratifier au Japon.

Toute la politique environnementale de ces trente dernières années est en train d’être démantelée. Le Ministre (Ricardo SALLES) a procédé au licenciement des fonctionnaires chargés de faire appliquer les contraventions liées à la déforestation clandestine, à la chasse et la pêche illégales ou aux invasions de terres indigènes et de zones protégées.

L’accord avec le Mercosur est une dramatique erreur.

Au même moment la Commission européenne vient de signer ce  vendredi 28 juin un traité de libre-échange avec le Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay).

Agriculteur de profession Jean-Baptiste MOREAU député La République en marche de la Creuse, s’oppose frontalement à ce traité de libre-échange.

Pour Jean-Baptiste MOREAU qui « conteste le fait d’importer les produits issus d’une agriculture parmi les plus nocives au monde, avec celle des Etats-Unis. Le Président du Brésil ne s’est pas retiré de l’accord de Paris sur le climat afin de pouvoir conclure ce Traité de Libre Echange avec l’Europe »

BOLSONARO a autorisé l’utilisation de plus de 250 substances interdites en Europe, car excessivement dangereuses. « Le Brésil est dans une situation agronomique catastrophique, avec des sols rendus stériles par l’usage massif de produits phytosanitaires en tous genres. Il n’y a aucune traçabilité dans ce pays, nous serons incapables de contrôler la qualité de ce qu’on importe »

A l’évidence le vote des électeurs en faveur des écologistes lors des dernières élections européennes n’est pas pris en compte.

Et Jean-Baptiste MOREAU de conclure : « C’est cette Europe-là que les gens ont repoussée depuis des années. Cette Europe-là a provoqué le Brexit. Est-ce qu’on continue avec les mêmes âneries qu’on a faites depuis vingt ans ? »

« Ce Traité dit Mercosur est en capacité d’envahir le marché européen. Phil HOGAN, le commissaire européen à l’agriculture, dit déjà qu’un milliard d’euros d’aides sont prêts pour les filières que le Mercosur va déstabiliser en Europe, c’est complètement stupide » !

Par ailleurs Nicolas HULOT s’insurge contre cet accord de Libre échange 

« Quelle réponse le Gouvernement a face au changement climatique? Le Ministre en titre conseille d’enlever sa cravate. La police utilise du gaz lacrymogène contre des manifestants climat. Il soutient l’accord qui vient d’intervenir avec le Mercosur et donc Bolsonaro » 

Pour Nicolas HULOT « La mondialisation, les traités de libre-échange sont la cause de toute la crise que nous vivons » s’en prenant au gouvernement français, il précise : « on dit des choses et dans la foulée, on prend des engagements, on signe des traités qui nous mènent à l’opposé de nos intentions. »

De son côté la patronne du premier syndicat français FNSEA, Christiane LAMBERT, dénonce « un coup dur pour l’agriculture » et « un mensonge, une tromperie » pour les consommateurs, soulignant que « 74% des produits phytosanitaires utilisés au Brésil sont interdits en Europe ».

jeudi 6 juin 2019

Tien An Men juin 1989 : l'amnésie



Dans la nuit du 3 au 4 juin 1989 le régime chinois fait évacuer par l’Armée populaire la Place Tien An Men à Pékin.

Un homme seul tente faire reculer la colonne de chars.

Cette image a fait le tour du monde.


Elle est devenue le symbole du mouvement étudiant de Tien An Men

Tiananmen 1989 : les origines d’une répression

Tout a commencé 13 ans plus tôt en septembre 1976 à la mort de Mao Tsé Toung. C’est la fin de la Révolution Culturelle (1966-1976) voulue par Mao. Cette période a provoqué des milliers de morts et autant d’arrestations.

Une nouvelle ère semble se dessiner avec Dang Xiaoping. Tout au long des années 80 il y aura quasiment des manifestations chaque année. Les thèmes sont différents mais tous mettent en avant une revendication centrale : plus de Liberté, plus de Démocratie.

Au sein du Parti Communiste Chinois se livre une lutte entre les conservateurs et les réformateurs.

Le secrétaire général du PCC Hu Yaoping (réformateur) soutient le mouvement étudiant mais il est forcé à la démission. Les étudiants attendent son retour mais il meurt en 1989. Des manifestations étudiantes spontanées lui rendent hommage dès le 15 avril.

Le 21 avril 100 000 étudiants se rassemblent Place Tien An Men réclamant la mise en pratique d’une politique pour lutter contre la corruption, contre l’inégalité sociale et pour plus de Liberté individuelles.

Ce n’est pas un mouvement révolutionnaire mais un mouvement réformateur qui ne vise pas à renverser le régime. Un mouvement qui réclame un État de Droit avec plus de Justice et de Liberté.

A partir du mois de mai des étudiants commencent une grève de la faim sur la Place Tien An Men, un évènement imprévu va précipiter les choses …