dimanche 2 février 2020

Les séances du Conseil Municipal : un lieu où parfois l'on se montre




Comme j’en ai l’habitude élu ou non élu j’assiste régulièrement depuis plus de 50 ans aux séances publiques du Conseil Municipal de Descartes.

Je ne suis  pas le seul citoyen à faire ainsi chaque mois. 

Vendredi dernier les personnes présentes étaient plus nombreuses.

L’on pourrait penser que c’est là la marque d’une prise de conscience des Citoyens qui souhaitent connaître le fonctionnement d’une commune et donc de son Assemblée élue.

C’est encourageant de voir ainsi les Citoyens se passionner pour la Vie Communale mais ce serait encore mieux si cet engouement se prolongeait bien au-delà de la période pré-électorale. 

Hélas j’ai bien peur que cet intérêt soudain ne soit que le prélude des futures réunions électorales en vue des prochaines élections municipales.

Finalement s’il y avait des élections plus fréquentes le public serait-il plus apte à s’impliquer dans la vie locale ? 

Je ne le pense pas. 

Celles et ceux qui par leur présence participent occasionnellement à ces réunions de Conseil Municipal ne sont pas vraiment intéressées ; ce qui leur importe c’est de tenter d’être élu(e)s et sitôt les élections passées elles disparaîtront jusqu’à la prochaine élection.

Décevant, vraiment décevant, de faire ces constats !

Il arrive même que certains élu(e)s (majorité ou opposition confondues) tellement passionnés par leurs responsabilités électives, que sans excuse, ils n’assistent même plus aux séances. 

Lamentable. 


Le Président de l’Autorité palestinienne Mahmoud ABBAS annonce la « rupture de toutes les relations » entre Palestiniens et Israël




Considérant à juste titre que le soi-disant « Plan de Paix » du Président Trump est « une violation des Accords d’Oslo », le président palestinien Mahmoud ABBAS a annoncé samedi lors d’une réunion extraordinaire de la Ligue arabe la rupture de « toutes les relations », y compris sécuritaires, entre l’Autorité palestinienne d’une part, et Israël et les États-Unis d’autre part..

Rappelons que ce « plan » prévoit l’annexion par Israël des colonies de peuplement implantées en Cisjordanie.

Les colonies installées sur les territoires palestiniens occupés par Israël depuis 1967 sont jugées illégales par l’ONU. Une grande partie de la communauté internationale voit en elles un obstacle majeur à la paix.

Comme je le disais le 30 janvier dans un précédent texte sur ce Blog : le plan américain ruine les espoirs de Paix que les Accords d’Oslo avaient fait naître.

samedi 1 février 2020

Camps de concentration : Ne pas oublier que "le ventre est encore fécond de la bête immonde" (Bertolt BRETCH)



Au moment où l’on commémore la Libération des Camps de déportés et au moment où l'on voit resurgir en Europe (mais aussi en France) la xénophobie , le racisme et l'antisémitisme, il m’a semblé utile reprendre un article de Jérôme Garcin publié le 29 mars 2001 dans. "le Nouvel Observateur".

Il est indispensable pour ne rien oublier de perpétuer la mémoire. 

Jorge SEMPRUN a écrit de nombreux ouvrages concernant « son expérience » dans les Camps nazis. 

L’on pourra consulter en particulier, outre « Le mort qu’il faut », trois autres livres « Mal et modernité », « Le grand voyage » et « L’écriture ou la vie ».

Lors d’une visite officielle à Buchenwald qu’il effectue au titre de Ministre de la Culture du Gouvernement espagnol ses hôtes lui montre sa fiche d’arrivée au Camp de Buchenwald.

La première mort de Jorge SEMPRUN
par Jérôme Garcin

L'auteur de «l'Ecriture ou la vie» et «la Deuxième mort de Ramon Mercader» s'est éteint le 7 juin 2011 à l'âge de 87 ans. Mais un jeune déporté était déjà mort sous son nom, et à ses côtés, à Buchenwald en 1944. Jorge Semprun lui avait consacré en 2001 un livre bouleversant. « Le mort qu'il faut ».

«Je vivrai sous son nom, il mourra sous le mien», écrit Jorge Semprun du jeune déporté qui, il y a cinquante-sept ans, en 1944, s'est éteint à ses côtés. Bouleversant.

Envoyée, en 1944, par la direction centrale des camps de concentration, la demande de renseignement est destinée à l'antenne de la Gestapo à Buchenwald : le déporté Jorge Semprun, 20 ans, matricule 44904, est-il encore en vie? Si oui, est-il toujours sur cette colline boueuse de l'Ettersberg dont l'âcre fumée du crématoire a chassé les derniers oiseaux ?

Une note lapidaire et interrogative de Berlin (dont la raison ne sera connue qu'à la fin du récit) est toujours mauvais signe. Signe qu'on peut vouloir hâter l'exécution d'un prisonnier.

Surtout lorsqu'il s'agit d'un jeune communiste espagnol, membre d'un réseau anglais de Résistance. Afin de prévenir toute menace, l'organisation clandestine du camp décide de faire passer Jorge Semprun pour mort. Il suffit de lui trouver, au plus vite, un cadavre adéquat. Le rôle est dévolu à François L., son exact contemporain, un étudiant parisien qui a été livré aux nazis par son père collabo, et qui est en train d'agoniser à l'infirmerie. 

Pendant une nuit, allongé à côté de ce jeune homme qui va s'éteindre sous son nom et dont, pour survivre, il va prendre l'identité, l'écrivain recueille ses derniers mots, une phrase de Sénèque psalmodiée telle une prière: «Post mortem nihil est ipsaque mors nihil» («Il n'y a rien après la mort, la mort elle-même n'est rien»)... Cette histoire donne son titre et sa portée au livre admirable de Jorge Semprun.

C'est écrit au fil méandreux, noueux, capricieux de la mémoire. 
Le désespoir côtoie ici la fraternité, et la haine, la gratitude.

Tout est mêlé, inextricable, inoubliable :

- la description des latrines collectives qui sont, malgré la puanteur et le vacarme intestin, un lieu de palabres, de chaleur, presque un îlot de liberté; 

- le portrait de ceux qu'on appelle «les musulmans», ils ne sont plus vraiment en vie, pas encore morts, exclus du travail forcé, ils s'abandonnent, se laissent glisser; 

- les visites dominicales au sociologue Maurice Halbwachs, qui attend la fin, sur son châlit du block 56; 

- l'évocation tremblée de ce Russe musclé qui, par «pure bonté», décharge Semprun de l'énorme pierre que, par sadisme, un SS lui avait attribuée; 

- le souvenir de Paquito, joli Espagnol de 16 ans qui, déguisé le soir en femme, «allumait dans les yeux des mecs des arcs-en-ciel de désir fou»

- l'art de résister à la capitulation en se récitant des vers de Rimbaud ou de Garcia Lorca; 

- la façon aussi de refuser de croire ce déporté russe, quand il assène au jeune communiste que, en URSS aussi, il existe des camps...

Jérôme Garcin