samedi 1 février 2020

Camps de concentration : Ne pas oublier que "le ventre est encore fécond de la bête immonde" (Bertolt BRETCH)



Au moment où l’on commémore la Libération des Camps de déportés et au moment où l'on voit resurgir en Europe (mais aussi en France) la xénophobie , le racisme et l'antisémitisme, il m’a semblé utile reprendre un article de Jérôme Garcin publié le 29 mars 2001 dans. "le Nouvel Observateur".

Il est indispensable pour ne rien oublier de perpétuer la mémoire. 

Jorge SEMPRUN a écrit de nombreux ouvrages concernant « son expérience » dans les Camps nazis. 

L’on pourra consulter en particulier, outre « Le mort qu’il faut », trois autres livres « Mal et modernité », « Le grand voyage » et « L’écriture ou la vie ».

Lors d’une visite officielle à Buchenwald qu’il effectue au titre de Ministre de la Culture du Gouvernement espagnol ses hôtes lui montre sa fiche d’arrivée au Camp de Buchenwald.

La première mort de Jorge SEMPRUN
par Jérôme Garcin

L'auteur de «l'Ecriture ou la vie» et «la Deuxième mort de Ramon Mercader» s'est éteint le 7 juin 2011 à l'âge de 87 ans. Mais un jeune déporté était déjà mort sous son nom, et à ses côtés, à Buchenwald en 1944. Jorge Semprun lui avait consacré en 2001 un livre bouleversant. « Le mort qu'il faut ».

«Je vivrai sous son nom, il mourra sous le mien», écrit Jorge Semprun du jeune déporté qui, il y a cinquante-sept ans, en 1944, s'est éteint à ses côtés. Bouleversant.

Envoyée, en 1944, par la direction centrale des camps de concentration, la demande de renseignement est destinée à l'antenne de la Gestapo à Buchenwald : le déporté Jorge Semprun, 20 ans, matricule 44904, est-il encore en vie? Si oui, est-il toujours sur cette colline boueuse de l'Ettersberg dont l'âcre fumée du crématoire a chassé les derniers oiseaux ?

Une note lapidaire et interrogative de Berlin (dont la raison ne sera connue qu'à la fin du récit) est toujours mauvais signe. Signe qu'on peut vouloir hâter l'exécution d'un prisonnier.

Surtout lorsqu'il s'agit d'un jeune communiste espagnol, membre d'un réseau anglais de Résistance. Afin de prévenir toute menace, l'organisation clandestine du camp décide de faire passer Jorge Semprun pour mort. Il suffit de lui trouver, au plus vite, un cadavre adéquat. Le rôle est dévolu à François L., son exact contemporain, un étudiant parisien qui a été livré aux nazis par son père collabo, et qui est en train d'agoniser à l'infirmerie. 

Pendant une nuit, allongé à côté de ce jeune homme qui va s'éteindre sous son nom et dont, pour survivre, il va prendre l'identité, l'écrivain recueille ses derniers mots, une phrase de Sénèque psalmodiée telle une prière: «Post mortem nihil est ipsaque mors nihil» («Il n'y a rien après la mort, la mort elle-même n'est rien»)... Cette histoire donne son titre et sa portée au livre admirable de Jorge Semprun.

C'est écrit au fil méandreux, noueux, capricieux de la mémoire. 
Le désespoir côtoie ici la fraternité, et la haine, la gratitude.

Tout est mêlé, inextricable, inoubliable :

- la description des latrines collectives qui sont, malgré la puanteur et le vacarme intestin, un lieu de palabres, de chaleur, presque un îlot de liberté; 

- le portrait de ceux qu'on appelle «les musulmans», ils ne sont plus vraiment en vie, pas encore morts, exclus du travail forcé, ils s'abandonnent, se laissent glisser; 

- les visites dominicales au sociologue Maurice Halbwachs, qui attend la fin, sur son châlit du block 56; 

- l'évocation tremblée de ce Russe musclé qui, par «pure bonté», décharge Semprun de l'énorme pierre que, par sadisme, un SS lui avait attribuée; 

- le souvenir de Paquito, joli Espagnol de 16 ans qui, déguisé le soir en femme, «allumait dans les yeux des mecs des arcs-en-ciel de désir fou»

- l'art de résister à la capitulation en se récitant des vers de Rimbaud ou de Garcia Lorca; 

- la façon aussi de refuser de croire ce déporté russe, quand il assène au jeune communiste que, en URSS aussi, il existe des camps...

Jérôme Garcin





jeudi 30 janvier 2020

3ème Rencontre Citoyenne


Le thème proposé pour cette 3ème Rencontre Citoyenne était :
Tourisme et développement économique.
Le tourisme local peut-il être un outil pour développer l'économie locale ?
Le commerce local peut-il en être bénéficiaire ?
Quelles propositions concrètes pouvons-nous avancer ?

Les participants ont débattu longuement et les différentes questions abordées peuvent être résumées à : Il faut redynamiser la ville de Descartes

Mais comment ? Si tout le monde est d’accord sur le principe, les avis sont quelquefois divergents sur les moyens à mettre en œuvre.

Le tourisme seul n’est pas suffisant, des pistes ont été proposées entre autres la nécessité de mettre en place une politique d’animation pérenne et le réaménagement du Centre-ville.

La disparition de plusieurs évènements ont été listés (braderie de juin, marché nocturne, Rencontres  folkloriques …). 

Estimant que la Municipalité ne s’est pas suffisamment impliquée : l’étiolement de la fête foraine de Pâques et du marché dominical ont été particulièrement ciblés. 

Le réaménagement de la Halle au Sel (place Milo Freslon) pour y accueillir des étals lors du marché a été évoqué. Mais c’est à l’unanimité que l’ensemble des participants a considéré qu’il fallait avoir un plan d’ensemble du réaménagement de la ville et non pas des réalisations éparses même si il est nécessaire d’avoir des projets ponctuels. 

La nécessité d’un dialogue ouvert avec les commerçants et les artisans est indispensable : une démarche doit être nécessairement pédagogique pour ne pas se heurter à un refus brutal de certains projets comme par exemples réaménager la place de la Mairie et la mise en voie semi-piétonne de la rue du commerce avec des stationnements de courte durée.

Mettre en œuvre une politique culturelle pour attirer les touristes et « leur offrir à voir ce qu’ils ne trouveront pas ailleurs », par exemple : 
- manifestations culturelles (projections sur des thèmes à la fois archéologiques et architecturaux locaux à l’Église de Balesmes suivis de concerts classiques), 
- implantation de statues dans la ville, 
- création de parc de petites dimensions (place St Lazare en conservant le parking, rue des champs marteaux face à la salle des fêtes), 
- aménagement des 4 entrées de ville (avec mise en place de panneaux lumineux d’informations – celui de la Place de la Mairie étant peu visible), 
- informations et animations sonores de la ville au moment du marché ou lors de manifestations locales.

Les échanges ont été très divers mais des sujets importants comme l’emploi avec la recherche de nouvelles entreprises n’ont pu être évoqués de même que les travaux nécessaires et urgents concernant les réseaux (eau potable, eaux usées, enfouissement des réseaux d’électricité, gaz).

Cela peut être envisagé lors de la prochaine Rencontre prévue le
vendredi 21 février 2020 à 20 heures 30
(même lieu La Chartrie, même salle 25)

A noter que cette 3ème Rencontre citoyenne nous a permis d’accueillir de nouveaux participants, ce qui nous fortifie dans notre conviction que les habitants de Descartes sont intéressés par ce type de réunion qui leur permet de s’exprimer librement.



Trump fauteur de troubles



Le « plan de Paix » de Trump n’est pas une farce de mauvais goût, c’est une insulte au Peuple Palestinien.

Ce soi-disant « plan de Paix » ne fera qu’exacerber la haine de part et d’autre. 
La Communauté Internationale, ONU en tête rejette cette proposition qui fait fi des règlements internationaux.

Trump délivre là un soutien à la politique de colonisation des Territoires occupés par Israël en Cisjordanie.

Ce qui est époustouflant c’est le soutien à ce « plan de Paix » de l’Arabie Saoudite (dont chacun connait et apprécie la grande liberté existant dans ce pays ...). 

A la remorque des USA, le Royaume saoudien  opère un retournement de sa politique qui avait en 2002 - sous l’impulsion du Roi Abdallah – proposé un réel « plan de Paix » appelant à la création d’ un État Palestinien indépendant se fondant sur les frontières de 1967, ayant pour capitale Jérusalem-Est. Un plan qui avait reçu l’approbation de la Ligue Arabe. 

Le processus de Paix d’Oslo est mis à mal par cette initiative stupide et dangereuse de Trump, mais nous le constatons trop souvent c’est une habitude pour le Président des U S A.
En vérité ce « plan de Paix » ne peut qu’engendrer une nouvelle poussée guerrière avec toutes les conséquences qui s’en suivront pour les Peuples Palestinien et Israélien.

Dans la région seul l’Iran et ses alliés chiites ont pris en compte cet affront et ce risque d’un nouveau conflit. Ils demeurent les seuls soutiens des Palestiniens, renforçant ainsi localement leur influence politique.