samedi 16 octobre 2021

17 octobre 1961 : Souvenons-nous

 un massacre quasiment oublié de notre histoire

Nous sommes dans les derniers mois de la guerre d’Algérie. Ce 17 octobre 1961, des Algériens qui manifestaient pacifiquement pour la Paix, contre la guerre d'Algérie et les brimades qu'ils subissent ont été tués par la police française, à Paris. Un massacre encouragé par Maurice PAPON, à l'époque préfet de police de Paris, celui-là même qui pendant la 2ème guerre mondiale collaborait avec les nazis.

Après avoir reconnu la responsabilité de L’État français dans la mort du mathématicien Maurice AUDIN et de l’avocat Ali BOUMENDJEL, deux militants indépendantistes « disparus » en mars 1957, le Président Emmanuel MACRON va commémorer le massacre du 17 octobre 1961 et se rendra sur un lieu de cette mémoire.

Le Président va déposer une gerbe et observera une minute de silence.

Il ne fera pas de discours. Un texte qui reconnaîtra la responsabilité de la préfecture de Police dans le massacre, mais ne demandera pas « pardon » aux victimes et à leurs familles, sera communiqué dans la foulée

C’est la première fois, qu’un Président de la République participe à une telle commémoration.

Avant lui, seul son prédécesseur, François Hollande, en 2012, s’était exprimé sur le sujet : « Le 17 octobre 1961, des Algériens qui manifestaient pour le droit à l’indépendance ont été tués lors d’une sanglante répression. La République reconnaît avec lucidité ces faits. ».

Officiellement trois personnes sont mortes mais les historiens estiment qu'au moins 200 manifestants ont été tués. Des manifestants ont même été jetés dans la Seine. 

Cette tragédie a longtemps été occultée par la France. 

Des historiens et des associations demandent aujourd'hui à la France qu'elle qualifie officiellement la répression de la manifestation du 17 octobre de crime d'État.

samedi 9 octobre 2021

Conflit israélo-palestinien : un espoir ?

 

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, s’entretient avec une délégation israélienne

Le président palestinien a reçu, dimanche soir à Ramallah, des membres de la formation de gauche MERETZ, dont deux ministres. Il s’agit de sa deuxième rencontre officielle en près d’un mois avec des membres du nouveau gouvernement israélien.

Dimanche 3 octobre un entretien a eu lieu à Ramallah (Cisjordanie) entre le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud ABBAS, et une délégation israélienne composée de Nitzan HOROWITZ (ministre de la santé), Issawi FREIJ (ministre de la coopération régionale) et la députée Michal ROZIN. Tous les trois de la formation de gauche MERETZ, membre du nouveau gouvernement de coalition israélien.

« Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud ABBAS a souligné l’importance de mettre fin à l’occupation israélienne et de parvenir à une paix juste et globale conformément aux résolutions internationales, et la nécessité de mettre fin aux colonies et à l’expulsion » de familles palestiniennes dans différents quartiers de Jérusalem-Est.

Ces membres du parti MERETZ ont affirmé leur soutien « à la solution à deux Etats », une Palestine indépendante et viable aux côtés d’Israël, et la nécessité de « coopérer pour établir des ponts et la confiance » entre Israéliens et Palestiniens : « Nous avons une mission commune : maintenir l’espoir d’une paix fondée sur une solution à deux Etats, car il n’y a pas d’autre solution », a déclaré Nitzan HOROWITZ, chef de la formation MERETZ.

Cette rencontre entre le président palestinien et une délégation israélienne coïncide avec des pourparlers au Caire entre le mouvement Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, et l’Egypte à propos notamment d’un éventuel échange de prisonniers entre Israël et ce mouvement islamiste armé.

La cuiller, nouveau symbole du nationalisme palestinien

Désormais les manifestants palestiniens brandissent une cuiller, en référence nationaliste aux six détenus qui, profitant du Nouvel An juif, se sont récemment évadés, de la prison de haute sécurité de Gilboa, dans le nord d’Israël.

Ils avaient patiemment creusé à la cuiller un tunnel d’une vingtaine de mètres, débouchant à l’extérieur de la prison, tunnel dont l’entrée était camouflée sous les sanitaires de leur cellule

En Israël même la cuiller est devenu la plus polémique : la brandir dans un rassemblement vaut affirmation de l’identité palestinienne, et ce en dépit de la nationalité israélienne, alors même qu’un parti islamiste a accepté, pour la première fois dans l’histoire d’Israël, de soutenir le gouvernement en place.

 

Décès de Michel TUBIANA

 

Ancien président de la Ligue des droits de l’homme Michel Tubiana est mort ce samedi 2 octobre

Né à Alger le 24 novembre 1952. Âgé de 10 ans il arrive à Paris avec sa famille.

Connu pour ses engagements en faveur des Droits de l’Homme Il avait présidé la Ligue des droits de l’homme de 2000 à 2005.

En tant que partie civile il avait plaidé au procès du collaborateur Maurice Papon en 1998.

Il a su mobiliser le droit, ses réseaux et sa notoriété pour la défense des détenus basques

Ainsi sous le mandat d’Emmanuel Macron il a obtenu que la plupart des militants de l’organisation séparatiste basque (ETA) condamnés pour terrorisme soient rapatriés dans des prisons proches du Pays basque.

En effet il considérait que le millier de kilomètres aller-retour, parfois plus, nécessaire pour une visite au parloir de leur famille était « une mesure punitive supplémentaire, une discrimination sans fondement juridique ni sécuritaire ».

Il a été l’une des personnalités qui a accompagné le processus ayant amené l’ETA à renoncer officiellement à la lutte armée en 2011 et la remise aux autorités françaises en 2017 de ses stocks d’armes.

vendredi 8 octobre 2021

Mort de Bernard Tapie, un homme aux mille vies

 

Chef d’entreprise, député, ministre, président de club de football, détenu, chanteur, acteur… En plus de cinquante ans de vie publique, Bernard TAPIE a multiplié les expériences heureuses et malheureuses. Il s’est éteint dimanche 3 octobre 2021 à l’âge de 78 ans des suites d’un cancer.

Bernard Tapie, après la victoire de l’OM face au Milan AC en finale de la Ligue des champions, à Munich (Allemagne), le 26 mai 1993. PICHON / PRESSE SPORTS

Personnage étonnant et sympathique Bernard TAPIE est venu soutenir notre candidature (Eric GHEBALI et moi-même), lors d’une campagne législative.

J’ai donc eu la possibilité de participer à ses cotés à plusieurs réunions ou rencontres publiques.

C’est à cette occasion que j’ai découvert combien les jeunes étaient littéralement attirés par ce personnage chaleureux. Je me souviens entre autres d’un après-midi dans la banlieue tourangelle : nous nous trouvions en visite vers les 16 heures 30 à la sortie des classes. De tous jeunes écoliers l’ayant reconnu ce sont précipités vers lui et l’un d’eux ayant un ballon lui lança « Alors tu joues ? ». Sans hésiter il se mit en position de joueur et fit quelques passes assez bien ajustées avec ces jeunes qu’à l’évidence il fascinait.

Sur le plan politique il oscilla parfois entre la gauche et la droite mais ce qui est certain c’est sa farouche opposition aux thèses racistes et fascistes du F.N. Il fut le seul à accepter d’affronter J-M Le Pen lors d’un débat télévisé. Pour la première fois son interlocuteur trouve son maître et manifestement il doit « en rabattre ».

« Lors des élections régionales de 1992 il déclare lors d’un meeting « Si l’on juge que Le Pen est un salaud, alors ceux qui votent pour lui sont aussi des salauds ».

Il se rend même dans une réunion électorale du FN, à Orange (Vaucluse). C’est l’écrivain André BERCOFF qui racontera la scène. Tapie prend le micro, les huées couvrent presque son discours. Il attaque, sur le thème de l’immigration, provocateur : « On prend tous les immigrés, on les met sur un bateau, on les emmène très loin d’ici. » La foule surprise acclame. Tapie reprend : « Et quand ils sont loin, pour être sûrs qu’ils ne reviennent pas, on coule les bateaux. » Le public est aux anges. Soudain, Tapie adopte un autre ton, et lance : « Je ne me suis pas trompé sur vous. J’ai parlé d’un massacre, et vous avez applaudi. Demain, au moment de vous raser ou de vous maquiller, lorsque vous vous verrez dans la glace, gerbez-vous dessus… »

C’était cela Bernard TAPIE un homme au franc parler, direct qui ne manie pas la langue de bois. Finalement un personnage qui n’était pas programmé pour une carrière politique.