samedi 23 janvier 2021

Chili : le juge Juan GUZMAN est mort

Juan GUZMAN est mort ce vendredi 22 janvier 2021 à l’âge de 81 ans.

Ce magistrat avait, à partir de 1998, poursuivi le général Pinochet notamment pour les assassinats commis après le coup d’Etat militaire du 11 septembre 1973.

Considéré comme le « tombeur » de l’ex-dictateur Augusto Pinochet, poursuivi pour crimes contre l’humanité sous son régime de 1973 à 1990 mais jamais condamné.

Juan GUZMAN a mené sans faiblesse les enquêtes sur les crimes de la dictature.

 « Un juge courageux, très engagé »

Il avait à partir de 1998, poursuivi le général Pinochet notamment pour les assassinats commis par la Caravane de la mort, une escouade de militaires qui a parcouru le pays en exécutant une centaine d’opposants après le coup d’État militaire.

Dès le début de son enquête, en 1998, Juan GUZMAN a subi des attaques personnelles, des menaces et d'innombrables pressions.

Mais c'est un véritable coup de théâtre lorsque, en janvier 2001, le magistrat confie, au Monde, subir également des pressions du gouvernement de gauche du président Lagos.

Il avait inculpé par 2 fois le dictateur mais en 2002 la Cour Suprême du Chili avait prononcé un non-lieu estimant que Pinochet était dans un « état de démence modérée » et donc incapable de se défendre.

La mort de Pinochet en décembre 2006 à 91 ans lui a donc évité de comparaître devant un Tribunal entrainant des réactions dans le monde et notamment en France.

 « J’aurais partagé la décision de la Cour suprême, mais ayant vu Pinochet et étudié sérieusement les rapports médicaux, je ne pouvais qu’estimer qu’il avait des facultés mentales normales », avait déclaré M. Guzman dans une interview accordée à la presse allemande.

 

Cela signifiait-il que, pour l'ensemble de l'establishment chilien, Pinochet était intouchable ?

Le gouvernement chilien s'était pourtant engagé vis-à-vis de la communauté internationale à le juger. C'est à ce titre que Pinochet avait été rapatrié dans son pays natal, en mars 2000, après avoir été détenu au Royaume-Uni pendant près de dix-sept mois sur ordre du juge espagnol Baltasar Garzon.

 

Le juge GUZMAN avait pris sa retraite en 2005 et publié la même année ses Mémoires : Au bord du monde, les Mémoires du juge de Pinochet (éditions Les Arènes).

Désigné comme l'un des onze magistrats "incorruptibles" dans le monde par le quotidien espagnol El Pais, l'ancien juge continuait de travailler dans un cabinet d'avocats et donnait des conférences à l'étranger.

 

mercredi 6 janvier 2021

Le Kazakhstan abolit la peine de mort

 

Grand comme quatre fois la France, le Kazakhstan, une ancienne république soviétique, compte 18 millions d’habitants

Le Kazakhstan poursuit son ouverture à petits pas : le pays a aboli, samedi 2 janvier, la peine de mort alors qu’un moratoire sur les exécutions y était en vigueur depuis près de vingt ans dans ce pays d’Asie centrale.

Et si les exécutions étaient suspendues au Kazakhstan depuis 2003, des tribunaux continuaient néanmoins à condamner à mort des accusés pour des crimes exceptionnels, notamment ceux relevant du terrorisme. De telles sentences seront désormais converties en peine de prison à perpétuité.

Une avancée colossale dans ce pays qui ne connaît encore aucune opposition politique. 

 

Le chef d’Etat Kassym-Jomart TOKAÏEV a fait savoir dans une notice publiée sur le site officiel du Kazakhstan qu’il avait ratifié le deuxième protocole facultatif se rapportant au pacte international relatif aux droits civils et politiques, adopté en 1966 par l’Assemblée générale des Nations unies. Déjà ratifié l’année dernière par le Parlement kazakh, ce texte oblige les signataires à abolir la peine capitale à l’intérieur de leurs frontières.

mardi 29 décembre 2020

MOLDAVIE : une femme élue à la Présidence de la République

 


Maïa SANDU est la première femme élue à la tête de ce petit pays miné par le système de l’oligarchie. Suite à l’élection présidentielle du 15 novembre 2020, c’est dans un environnement hostile que cette pro-européenne a été investie le 24 décembre 2020.

Tiraillé entre deux cultures, roumanophone et russophone, le pays est amputé d’une partie de son territoire depuis la sécession, en 1992, de la République autoproclamée de Transnistrie qui bat sa propre monnaie. Ajouté à cela un Parlement dominé par son adversaire, une instabilité politique chronique et l’on aura une petite idée de ce qui attend la nouvelle présidente.

Un soutien populaire qu’aucun de ses prédécesseurs n’avait jamais obtenu depuis l’indépendance acquise en 1991 de cette ancienne petite République soviétique, cette célibataire de 48 ans, quasi inconnue il y a peu encore, est donc officiellement investie depuis ce jeudi 24 décembre 2020.

A la veille de la cérémonie d’investiture de la nouvelle présidente pro-européenne, le premier ministre moldave, Ion CHICU, avait présenté mercredi 23 décembre sa démission.

Cette décision entraînant automatiquement la démission du gouvernement ouvre normalement la voie à la convocation d’élections législatives anticipées. Elle intervient à quelques heures d’une réunion du Parlement où une motion de défiance envers le gouvernement, à l’initiative de l’opposition moldave fait l’objet de discussions.

Le violoniste Ivry GITLIS est mort

 
 

Né à Haïfa le 25 août 1922, le violoniste israélien s’était installé en France dans les années 1960. Il est décédé à Paris le 24 décembre 2020 à l’âge de 98 ans. Fils unique, d’un père et d’une mère ayant quitté la Russie (Kamenets-Podolski, aujourd’hui en Ukraine) pour rejoindre une terre qui deviendrait l’Etat d’Israël.

Il était le violoneux de la diaspora, celui que l’on retrouve pratiquement sur toutes les œuvres des peintres « yiddish » ou dans les Contes juifs.

C’est tout à fait par hasard que j’ai eu le privilège de le rencontrer à Bucarest en 1976. Il occupait dans l’avion qui nous ramenait en France une place à côté de la mienne. Ayant besoin de descendre de l’avion avant le décollage il me demanda si j’acceptais de garder son violon. Ce fut la seule fois où j’ai tenu entre mes mains un « un Stradivarius ».

A son retour après m’avoir offert un sandwich nous avons fait connaissance.

Bien évidemment il m’a demandé la ville où j’habitais. Quand je lui ai dit que je résidais à Descartes, il a été surpris d’apprendre que c’était la ville natale du philosophe. 

 

Ivry Gitlis, lors d’une répétition avec l’ensemble musical baroque Una Stella, à Marseille, le 9 août 2011 BERTRAND LANGLOIS / AFP

Il m’a alors demandé s’il y avait une Salle de Concert où il pourrait se produire afin d’honorer René Descartes. J’ai dû lui avouer que malheureusement il n’y avait pas de salle digne de ce nom pour accueillir un Concert mais je lui ai fait part des ambitions municipales de créer un lieu de Concert dans l’Église Notre Dame de La Haye qui déjà commençait à être en cours de restauration. Il alors insisté pour que dès la restauration terminée il viendrait avec plaisir à Descartes pour un Concert gratuit ouvert largement au public et en particulier vers les jeunes.

Nous avons échangé nos adresses et correspondu quelques temps.

Toujours décidé à venir à Descartes je n’ai pu lui donner l’occasion de venir s’exprimer dans notre Cité. C’est là l’un de mes grands regrets.