jeudi 30 avril 2020

Coronavirus et immunité : des premières pistes et beaucoup d’inconnues




Les informations ci-dessous sont issues d’un article de Gary DAGORN paru dans le journal « Le MONDE », il m’a semblé utile de les communiquer.

La question de l’immunité contre le coronavirus est centrale dans la gestion de la crise sanitaire du Covid-19. Sur cet aspect, les premières réponses des chercheurs se précisent mais prendront du temps à être confirmées.

Les personnes guéries du Covid-19 sont-elles susceptibles d’être réinfectées par le virus ?
C’est une question majeure à laquelle font face les gouvernements des pays confinés dans la gestion de la crise sanitaire.

Or, sur cet aspect, les réponses de la recherche scientifique restent, pour le moment, balbutiantes, tant la réaction de l’organisme à ce nouveau virus, inconnu il y a cinq mois, est peu documentée.

Les chercheurs disposent, malgré tout, de quelques éléments de réponse.

Une fois guéri, est-on immunisé contre le virus ?

Il est trop tôt pour le dire. Normalement, une fois qu’une infection a été repoussée par le système immunitaire, celui-ci garde la mémoire des virus ou bactéries rencontrés, mais cette mémoire immunitaire dépend de nombreux éléments, comme l’agent pathogène rencontré ou la gravité de l’infection. 

Concernant le SARS-CoV-2, les données manquent. En l’absence de preuve, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) reste volontairement prudente sur cet aspect et a rappelé, le 24 avril, que « jusqu’à maintenant aucune étude n’a évalué si la présence d’anticorps anti-SARS-CoV-2 conférait une immunité en cas de réinfection du virus chez les humains ».

Cela dit, aucun cas de réinfection dans les semaines ou les mois suivant la première exposition au virus ne semble avoir été recensé. Et de nombreux travaux ont montré que l’organisme produisait des anticorps spécifiques pour combattre l’infection. Il est donc très peu probable qu’une réinfection soit possible à cette échelle de temps.

Combien de temps durerait cette immunité ?

Là aussi, il est bien trop tôt pour répondre à cette question. Car, pour étudier la stabilité des anticorps produits contre le SARS-CoV-2, il faut précisément… du temps. Tout l’enjeu sera d’observer l’évolution de la quantité d’anticorps dans les années qui suivent l’infection chez les personnes guéries ayant eu des symptômes. Et de surveiller d’éventuels cas de réinfection chez des gens ayant déjà contracté la maladie.

Toutes les études montrent que le niveau d’anticorps est positivement corrélé à la gravité des symptômes : plus on est malade, plus notre organisme fabrique d’anticorps. Les personnes asymptomatiques ou peu symptomatiques développent ainsi très peu d’anticorps contre le virus et leur immunisation est plus incertaine que celle des personnes ayant eu des symptômes nets du Covid-19.

Mais ces publications portent sur un nombre encore très limité de patients et il faudra attendre des recherches plus poussées pour mieux observer la stabilité de ces anticorps.

Combien de temps est-on immunisé contre des virus comparables ?

La durée de l’immunisation dépend beaucoup de la bactérie ou du virus concernés. Elle est par exemple très longue pour la rougeole (quasiment toute la vie), mais plus courte pour la coqueluche (de l’ordre de sept ans). La plupart des anticorps fabriqués contre chaque souche du virus de la grippe ont une très longue durée de vie, mais comme ils ne sont efficaces que contre une souche en particulier, ils deviennent inutiles rapidement puisque le virus mute à chaque saison.

La réponse immunitaire au SARS-CoV-1, le coronavirus qui causa en 2002-2003 la pandémie de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) et proche cousin du virus actuel, a, elle aussi, fait l’objet de travaux. 

Une étude ayant suivi 98 patients atteints du SRAS montre que l’immunisation post-infection dure environ deux ans, après quoi le niveau d’anticorps n’est plus détectable dans l’organisme

Les chercheurs en ont conclu qu’une réinfection par le SARS-CoV-1 était possible trois ans après la première.

d’après Gary DAGORN


Bâti en un mois, un hôpital moscovite reçoit ses premiers patients atteints de Covid-19



Vous trouverez ci-dessous quelques informations concernant la mise en place des moyens de lutte contre le coronavirus en Fédération de Russie.

Source de ces informations Russia Beyond

Cliché©Moskva Agency

Cet établissement, sorti de terre en un éclair, pourra accueillir jusqu'à 900 malades.

Situé à une cinquantaine de kilomètres du centre de la capitale russe, l’hôpital infectieux de Voronovskoïé, dont le chantier avait été lancé le 12 mars de manière fulgurante dans ce contexte de pandémie, a accueilli 20 premiers patients ayant été diagnostiqués positifs au Covid-19, relate le site de la mairie de Moscou.

D’une capacité de 800 places, nombre pouvant toutefois être élargi à 900 en cas de nécessité, toutes aptes à faire office de lits de réanimation, cet établissement compte d’ores et déjà 500 employés, auxquels se joindront d’autres spécialistes dont la sélection se poursuit.

La structure dispose par ailleurs de son propre laboratoire d’analyse, tandis qu’un bâtiment résidentiel, en mesure de loger 1 300 personnes dans des chambres individuelles ou doubles, y a été érigé afin d’accueillir le personnel soignant, son emplacement se trouvant relativement loin de Moscou. 

Autre caractéristique notable, en plus d'être pourvu de sa propre station d'approvisionnement des chambres d'hôpital en oxygène, l'air subit, à l'entrée et à la sortie de celles-ci, un processus systématique de décontamination.

À souligner que cet établissement de santé est appeler à perdurer même après la crise sanitaire actuelle, puisqu’il sera utilisé pour le traitement de tous types d’infections.

Pour rappel, à ce jour, la Russie compte 52 763 cas de contamination au coronavirus (soit 5 642 en de plus au cours des dernières 24h), et déplore 546 décès dus à cette maladie. Au total, 2,14 millions de tests de dépistage y ont été effectués. Avec plus de la moitié des malades (29 433), Moscou demeure le principal foyer épidémique du pays.


Sciences & Tech
21 avril 2020
Erwann Pensec