HOMMAGE
A SERGE LEZE
« Serge nous nous connaissons depuis presque 57 ans,
un
peu plus d’un demi-siècle !
Nous nous sommes rencontrés pour la première fois en
juillet 1968. Tu étais venu, dans le cadre de ton activité professionnelle,
procéder à l’ouverture du compteur électrique dans la maison où je venais
d’emménager.
Nous avons rapidement trouvé des points communs entre
nous : le militantisme syndical.
Puis dans le cadre de
mes activités professionnelles nous avons été amenés à nous rencontrer fréquemment
afin de surveiller du point de vue santé ta famille Monique, Thierry et
Isabelle.
Mais au-delà de ces rencontres purement professionnelles
nous avons plus que sympathisé. Très rapidement nous nous sommes retrouvés
d’accord sur bien des aspects de la vie locale et nationale.
Militant syndical actif au sein de ton entreprise tu as
vite saisi la nécessité de l’engagement politique. Adhérent du Parti Socialiste
tu deviens alors un militant cherchant à étoffer la section locale de
Descartes.
C’est toi Serge qui m’a fait adhérer à la section locale du
Parti Socialiste. Une adhésion qui s’est faite avec quelques exigences de ma
part à savoir la nécessité de pouvoir
toujours œuvrer en faveur de l’unité de la gauche. Exigences que tu
partageais sachant bien que l’unité était avant tout indispensable pour faire
avancer nos idées et nos projets.
Tu étais alors devenu secrétaire de la section de Descartes
du Parti Socialiste. Un poste que tu as conservé un grand moment.
Responsabilité dont tu t’acquittais avec beaucoup de soins et de rigueur. La
section n’a jamais été aussi active et efficace qu’au moment où tu en assurais
la charge.
La rigueur était chez toi une vertu que tu as toujours
pratiquée avec parfois peut-être trop de zèle. Exigeant pour les autres comme
tu l’étais pour toi-même. Une rigueur qu’aujourd’hui on ne retrouve plus guère
parmi celles et ceux qui s’engagent soit dans la vie politique, soit dans la
vie associative. Et pourtant cette rigueur est indispensable. Une rigueur qui
fait trop souvent défaut aux responsables quel que soit leur niveau local ou
national.
Je me souviens des campagnes électorales où ensemble nous
nous sommes retrouvés avec quelques amis à participer nuitamment à des tournées
de tractage de documents politiques ou procéder à des séances de collage
d’affiches. D’abord au moment de l’élection présidentielle puis dans la foulée
lors des élections législatives qui ont suivi. Des activités politiques qui peu
à peu nous ont permis d’abord au plan national puis au plan local de gagner les
élections.
Élu ensemble en 1989 au poste de responsabilité communale
tu as été un Adjoint aux Travaux efficace qui ne s’en laissait pas conter par
les entreprises qui étaient amenées à travailler pour la commune.
Je pense entre autres à la responsabilité que tu as assumée
au niveau du Syndicat des Eaux de la Source de la Crosse. Le gestionnaire de
l’époque a dû se rendre à l’évidence que tu connaissais le travail et qu’il
n’était pas souhaitable de te raconter des histoires ou de présenter des
demandes de changement de matériel qui n’était pas justifié et parfois sans
doute d’abuser au niveau des factures que tu contrôlais avec rigueur et
exigence.
Oui tu as été l’Adjoint aux Travaux le plus efficace que
j’ai connu à Descartes depuis plus de 50 ans.
Certes nous avons eu quelques fois des divergences
d’appréciation sur tels ou tels points mais si tu n’as pas toujours été facile
tu as toujours été loyal, ne renonçant jamais à tes idéaux.
Je garderai de toi le souvenir d’un homme honnête qui respectait
le travail des autres mais qui n’acceptait pas que l’on puisse utiliser les
heures de travail pour s’occuper de ses affaires personnelles. Cela t’a valu
d’ailleurs quelques inimitiés parmi certains membres du personnel communal.
La dernière fois que nous avons eu l’occasion de bavarder
ensemble tu m’avais dit combien tu étais déçu et soucieux de voir les
orientations d’ordre général que prenaient tout à la fois notre Pays et la
Commune.
Voici venu le moment de nous séparer d’une manière
définitive. Tu resteras pour moi l’exemple même du citoyen dévoué à la cause
publique.
C’est avec beaucoup de tristesse et d’émotion que je te dis
au revoir et merci pour tout ce que tu as fait, pour tout ce que tu as proposé,
pour tout ce que nous avons réalisé ensemble souvent contre l’avis de certains,
qui certes n’était pas nos amis, mais qui n’ont cessé de mettre des bâtons dans
les roues. Je pense en particulier à tous ceux qui nous ont tant critiqués lorsque
nous avons voulu réaliser Sépia et dont tu as pu pour tes derniers instants
pouvoir profiter en étant hébergé dans cette structure originale pour laquelle
tu as participé avec d’autres à la conception, à la réalisation et au
fonctionnement.
Merci encore Serge pour tout ce que tu as fait et que je
n’oublierai pas ».
Aujourd’hui
si tu avais un mot à nous dire ce serait :
« Rien
n’est jamais acquis,
il faut continuer le combat pour défendre nos valeurs :
la justice sociale, la démocratie »