dimanche 1 octobre 2023

Une honte : L’épuration ethnique est en marche dans le Haut Karabakh.

 L’Azerbaïdjan, qui par son agression et sa victoire militaire vient de mettre fin à la République du Haut Karabakh, entame une épuration ethnique. En témoigne cette photo diffusée sur les réseaux sociaux de l’Azerbaïdjan qui d’une certaine manière glorifie et encourage l’assassinat des Arméniens.

Des kebabs composés de femmes et d’enfants arméniens.

 

La Turquie éternelle complice vise à continuer le génocide du Peuple Arménien, souhaitant reconstituer l’Empire Ottoman. Pour cela l’objectif est d’abord avoir une continuité géographique entre l'Azerbaïdjan et la Turquie afin ultérieurement de réunir les 2 États en une seule entité géopolitique. Cela implique donc la destruction et la disparition de l’Arménie à plus ou moins longue échéance.

Les grandes puissances : si rapides à dénoncer les unes l’agression russe en Ukraine, les autres à dénoncer le régime corrompu et fascisant de Kiev, se taisent et laissent faire.

La France, notre pays Patrie des Droits de l’Homme, se contente de vagues protestations.

Les États unis d’Amérique du Nord se taisent car Bakou accorde à Israël l’installation de bases d’observation de l’Iran leur adversaire traditionnel.

La Grande Bretagne, l’Allemagne et surtout l’Europe saluent avec …respect le président du régime dictatorial de Bakou.

Le Canada lui accueille le Président Zelenski et dans la foulée salue un ancien nazi qui vit au Canada depuis une trentaine d’années. Ce qui a entrainé la démission d’un ministre canadien et des excuses du premier ministre Trudeau.

Nous sommes bien dans un monde qui a perdu tout sens de l’honneur et qui ne s’appuie que sur la force pour imposer les uns face aux autres.

 

jeudi 28 septembre 2023

Haut Karabakh : Fin du conflit ?

 Lorsqu’en décembre 2022 l’Azerbaïdjan ferme le corridor de Latchine, seul point de passage entre l’Arménie et le Haut-Karabakh, les dirigeants azerbaïdjanais organisaient véritablement un siège qui devait conduire à une véritable catastrophe humanitaire : pénurie de médicaments et de nourriture.

Fin juillet 2023 l’Arménie a tenté d’envoyer de l’aide humanitaire mais le convoi est resté bloqué de par la volonté azerbaïdjanaise.

En quelques mots faisons un rappel historique sur cette région.

Dans l’Antiquité le Haut-Karabakh a été intégré au Royaume Arménien. Il est passé sous influence arabe au Moyen Âge avant qu’une révolte le fasse revenir sous la responsabilité d’Erevan.

En 1805 l’empire russe intègre le Haut-Karabakh. L’Arménie et l’Azerbaïdjan vont se confronter lors de la guerre civile qui suit la Révolution bolchevique fin 1917. Les deux pays proclament leur indépendance en 1918. Les combats reprennent alors.

C’est Staline qui va d’une certaine manière trancher ce conflit en rattachant la région du Haut Karabakh à l’Azerbaïdjan malgré sa population arménienne, toutefois il lui accorde l’autonomie qui restera son statut inchangé pendant 75 ans.

De nombreuses guerres se sont déroulées ces dernières années entre autre en 1988 qui a vu une victoire de l’Arménie.

Lors de la chute de l’URSS l’Arménie et l’Azerbaïdjan ont proclamé leur indépendance. Dans la foulée les Arméniens du Haut Karabakh ont fait de même en se proclamant République autonome et rattaché à l’Arménie.

À la fin septembre 2020, suite à de nombreux accrochages militaires, l’Azerbaïdjan relance les hostilités avec l’appui de la Turquie son allié lequel lui fournit du matériel et particulièrement des drones ainsi que des mercenaires syriens. Six semaines seront suffisantes à l’armée azerbaïdjanaise pour écraser les forces arméniennes et pratiquement reconquérir un tiers du Haut-Karabakh. Les combats auront fait 6500 morts. Un accord de cessez-le-feu survient le10 novembre 2022, sous l’égide de la Russie (laquelle va déployer un contingent de militaires pour surveiller le respect de cet accord). C’est alors que l’Azerbaïdjan décide quelques mois plus tard (décembre 2022) de fermer le corridor de Latchine.

Il faut savoir qu’existe dans cette région du Sud Caucase un territoire attribué à l’Azerbaïdjan et enclavé  entre l’Arménie et l’Iran : le Nakhitchevan. Le couloir d’accès est sous contrôle de l’Arménie.

Lors de l’accord du cessez-le-feu il était indiqué que toutes les routes bloquées par les Arméniens et les Azerbaïdjanais devaient être libérées de toute contrainte.

Le 19 septembre dernier l’Azerbaïdjan a donc monté, elle aussi, une opération spéciale : 24- heures de combats ont suffi à faire plier les séparatistes écrasés par la puissance de feu des forces adverses et l’absence de réaction de l’Arménie.

L’accord de cessez-le-feu prévoit le retrait des forces armées arméniennes, la dissolution et le désarmement complet de l’armée d’autodéfense du Haut-Karabakh. Des négociations doivent se tenir sur la garantie des droits et de la sécurité des habitants de l’enclave.

L’Azerbaïdjan, qui a resserré ses liens avec la Turquie, entretient des relations tendues avec l’Arménie (le génocide arménien de 1915 est présent dans toutes les mémoires). La Turquie s’est largement engagée aux côtés de l’Azerbaïdjan lors de cette seconde guerre du Karabakh en lui fournissant des armes et des mercenaires.

Concernant ce conflit Andreï SAKHAROV déclarait il y a quelques années : « Pour l'Azerbaïdjan, la question du Karabakh est une question d'ambition ; pour les Arméniens du Karabakh, c'est une question de vie ou de mort »

Hélas ce n’est que trop vrai puisqu’actuellement les Arméniens fuient vers l’Arménie pour éviter un nettoyage ethnique.

Une situation géopolitique compliquée :

Bakou achète également des armes à Israël, ce qui inquiète l’Iran voisin, lequel soupçonne l’État hébreu d’utiliser l’Azerbaïdjan comme poste d’observation.

Ce commerce pourrait paraître contradictoire, mais Israël n’est pas à une contradiction près.