lundi 8 août 2022

CHINE : une provocation de trop des USA

 

Sans aucun doute le déplacement à Taipei de la présidente de la Chambre des représentants des États-Unis, Nancy PELOSI est une provocation.

Le point de vue de « La France Insoumise » par la voix de J-L MELENCHON peut laisser penser que LFI est un soutien objectif à la politique de Pékin. Le penser serait une erreur. J-L MELENCHON a, à plusieurs reprises exprimé des critiques vis-à-vis de la politique chinoise et de son attitude vis à vis des Ouïghours.

Quoiqu’il en soit le fait d’écrire : « Taïwan est une composante à part entière de la Chine », est bien une réalité. Le précédent gouvernement de Taipei (pour des raisons différentes) estimait que l’île et le continent font partie d’« une même Chine ». Certes l’actuelle Présidente  de Taiwan (issue d’un parti indépendantiste) refuse de le reconnaître.

La Chine considère que le passage de Nancy PELOSI, décidé dans le cadre d’une tournée asiatique, est considéré par la Chine comme un soutien aux partisans de l’indépendance de Taïwan et un reniement de la promesse des États-Unis de ne pas avoir de relations officielles avec l’île.

J-L MELENCHON considère dans son analyse qu’« il n’y a qu’une seule Chine », celle qui « siège au Conseil de sécurité » des Nations unies (ONU) ajoutant « Les Chinois régleront le problème entre eux. Il n’y a pas d’autre issue raisonnable possible ».

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier FAURE, s’est rapidement démarqué de ses alliés au sein de la NUPES. Tout en critiquant l’initiative de Nancy PELOSI, qu’il a qualifiée de « discutable », il a relevé que « la volonté des Taïwanais de vivre en démocratie ne l’est pas ».

En réponse le responsable de "La France Insoumise" a réitéré ses arguments : « Je n’ai fait que répéter la doctrine constante de notre pays (la France, rappelons-le) depuis 1965 à propos de la Chine. (...) Il n’y a qu’une seule Chine », « cela est également réglé par les accords internationaux acceptés par notre pays et les membres de l’ONU », et : « Chine et USA s’engagent à respecter la souveraineté et l’unité territoriale de l’autre ».

Ces polémiques ont par ailleurs révélées des dissonances dans les rangs de la majorité présidentielle :

-          Si l’eurodéputée LRM/Renaissance, Nathalie LOISEAU, dénonce les prises de position « scandaleuses » de Jean-Luc MELENCHON,

-       La ministre des affaires étrangères, Catherine COLONNA : « s’en tient à sa politique d’une seule Chine », tout en soulignant que « la visite du président ou de la présidente de la Chambre des représentants américains n’est pas sans précédent » à Taïwan, et qu’« en tout état de cause », elle « ne doit pas servir de prétexte à la Chine pour des mesures d’escalade qui accroîtraient la tension ».

La position de la Ministre est conforme à la politique menée depuis des décennies par la France de considérer la Chine comme une et indivisible

dimanche 7 août 2022

Haut Karabagh : l’Azerbaïdjan relance la guerre

 

Profitant de la guerre en Ukraine, l’Azerbaïdjan relance le conflit avec l’Arménie au sujet du Haut Karabagh.

A l’automne 2020 après une guerre entre les 2 pays un cessez le feu est signé entre les 2 belligérants.

Afin de faire respecter cet accord la Russie a envoyé un contingent de militaires dit « contingent de soldats de la Paix »

Malgré tout les tensions sont restées vives entre ces 2 ex-républiques soviétiques du Caucase, de nombreux incidents se sont produits depuis la signature du cessez le feu.

 La situation s’est aggravée jeudi 04 août 2022.

La zone tampon (corridor de LATCHIN) reliant l’Arménie au Nagorny-Karabagh a été jeudi la cible de tirs azerbaïdjanais. Bakou affirmant avoir pris le contrôle de plusieurs villages peuplés d’Arméniens.

Le ministère arménien des Affaires étrangères a exhorté, ce jeudi, la communauté internationale à prendre des mesures pour stopper « l’attitude et les actions agressives de l’Azerbaïdjan ».

Le Premier ministre arménien a également appelé la Russie à agir, attendant « que chaque tentative de violer la ligne de contact soit empêchée par le contingent de soldats de la paix ».

De son côté, la Russie a accusé l’Azerbaïdjan d’avoir violé le cessez-le-feu, ajoutant simplement que ses soldats de maintien de la paix déployés dans la région cherchaient à « stabiliser » la situation. « Nous appelons les parties à faire preuve de la retenue et à respecter le cessez-le-feu », a indiqué la diplomatie russe dans un communiqué, précisant que Moscou était en « contact étroit » avec Bakou et Erevan.

 L’Union européenne a appelé à la « cessation immédiate des hostilités ».

 Les États-Unis se sont dits « profondément préoccupés ».

  

Pour autant c’est le silence radio sur les médias audio visuels français.

 

La guerre en Ukraine mobilise davantage et pourtant si le conflit redémarre dans le Caucase ce pourrait être une difficulté pour rechercher un accord de Paix entre Moscou et Kiev.

 

 

Ukraine : ce que contient le rapport d’Amnesty International qui rend furieux Zelensky

Afin d'être correctement informé il me semble utile de publier cet article de Mariana ABREU pour "L'Obs" concernant le Rapport d'Amnesty International sur la guerre en Ukraine.

Dans un rapport publié jeudi 04 août 2022, l’ONG accuse l’armée ukrainienne d’utiliser des tactiques qui violent le droit humanitaire international et mettent en danger la population civile. Après une enquête de quatre mois, Amnesty International a publié jeudi 4 août un rapport accusant l’armée ukrainienne d’employer des tactiques qui violent le droit humanitaire international. Selon l’ONG, les forces de Kiev mettent en danger la population civile en « établissant des bases et en utilisant des systèmes d’armement dans des zones résidentielles habitées, notamment des écoles et des hôpitaux ».

Le rapport est le résultat de plus de quatre mois d’enquête sur le terrain, de la part d’une équipe d’Amnesty. Il se base sur des inspections, des témoignages de victimes et divers recueils d’informations.

Après une enquête de quatre mois, Amnesty International a publié un rapport accusant l’armée ukrainienne d’employer des tactiques qui violent le droit humanitaire international. Selon l’ONG, les forces de Kiev mettent en danger la population civile en « établissant des bases et en utilisant des systèmes d’armement dans des zones résidentielles habitées, notamment des écoles et des hôpitaux ».

Selon le rapport, des attaques ont été lancées depuis des zones civiles habitées, alors même que l’armée ukrainienne n’a ni demandé aux civils d’évacuer les bâtiments environnants ni aidé les civils à les évacuer, « s’abstenant ainsi de prendre toutes les précautions possibles pour protéger la population ».

« Ces tactiques de combat violent le droit international humanitaire et mettent gravement en danger la population civile, car elles transforment des biens de caractère civil en cibles militaires », peut-on lire. Selon Amnesty, les frappes russes qui en ont résulté, dans des zones habitées, ont fini par tuer des civils.

 « La victime et l’agresseur sur un pied d’égalité »

Le président ukrainien Volodymyr ZELENSKY a dénoncé jeudi soir le rapport d’Amnesty International, affirmant qu’il « transfère la responsabilité de l’agresseur à la victime ».

« L’agression contre notre Etat est injustifiée, invasive et terroriste. Si quelqu’un rédige un rapport dans lequel la victime et l’agresseur sont d’une certaine manière mis sur un pied d’égalité, si certaines données sur la victime sont analysées et que les actions de l’agresseur sont ignorées, cela ne peut être toléré », a-t-il ajouté.

« Le fait de se trouver dans une position de défense ne dispense pas l’armée ukrainienne de respecter le droit international humanitaire », a déclaré Agnès Callamard, la secrétaire générale de l’ONG. Un commentaire qui fait écho au slogan de l’ONG : « Aucun gouvernement n’est au-delà de la vigilance. Aucune situation n’est sans espoir. »

 « On ne travaille pour personne »

Amnesty International a toutefois, dans son rapport, insisté sur le fait que les tactiques ukrainiennes ne « justifient en aucun cas les attaques russes aveugles » qui ont frappé les populations civiles.

« Depuis le premier jour, nous documentons toutes les actions commises par l’armée russe. Nous avons publié sur leurs potentiels crimes de guerre, sur les bombardements délibérés en zones civiles, sur les marchés, les commerces, les hôpitaux… Nous avons alerté sur l’utilisation d’armes par soumission, sur les tortures et les viols et nous n’avons cessé de dénoncer l’anéantissement de la liberté d’expression et de manifestation en Russie », rappelle à « l’Obs » Jean-Claude Samouiller, président d’Amnesty International France.

« Nous ne mettons pas sur un pied d’égalité ces deux armées car on n’est pas sur un même niveau d’atrocités commises, mais nous ne travaillons pour personne. Notre travail est de documenter les droits humains et nous le faisons de la façon la plus objective possible », ajoute Jean-Claude Samouiller.

 

Par Mariana Abreu

lundi 1 août 2022

N’oublions pas le Yémen

 

Pourquoi on ne parle pas de la guerre au Yémen

Mahaut LANDAZ et François REYNAERT, (alias Oncle Obs), décortiquent l’opacité qui entoure un des conflits les meurtriers en cours.

Selon les calculs de l’ONU, la guerre au Yémen avait déjà fait, à la fin de 2021, près de 400 000 morts, et détruit une grande partie du pays. Qui s’en préoccupe ?

Tous les jours, depuis le 24 février, nous entendons parler dans les médias de la tentative d’invasion de l’Ukraine par les troupes russes.

C’est normal, c’est juste. Toutes les démocraties au monde doivent être solidaires d’un pays libre agressé par la dictature de Vladimir Poutine.

Comment expliquer que d’autres conflits, tout aussi barbares, tout aussi meurtriers pour la population civile, restent dans l’ombre ?

Comment expliquer aussi que le Yémen, si prospère dans l’Antiquité que les romains l’appelaient « Felix Arabia », l’Arabie heureuse, soit devenu cette terre ravagée depuis plus de dix ans par les bombardements, les destructions, les déplacements de populations, les famines ?

Et comment comprendre les grands enjeux régionaux qui se jouent derrière ce conflit où s’opposent, par procuration, les deux grands géants du Moyen-Orient, l’Arabie saoudite et l’Iran ?