lundi 10 mai 2021

La CIA a recruté d’anciens nazis auteurs de crimes de guerre


 

Le général nazi Josef HUBER responsable de la mort de 70 000 juifs est devenu espion pour la CIA.

Nous savions déjà que les services d’espionnage des U S A avaient recruté d’anciens nazis. Entre autres Klaus BARBIE était devenu espion anticommuniste des Etats-Unis sa fausse carte d'identité ayant été trouvée dans les archives du ministère de l'Intérieur bolivien au moment de son rapt par les services secrets israéliens.

Par contre nous ne savions pas que (selon des archives déclassifiées), l’ancien chef de la police secrète nazie à Vienne, Josef HUBER qui a fait gazer près de la moitié de la communauté juive autrichienne, a été recruté par la CIA, puis le BND ouest-allemand.

Le  Maitre d’œuvre de la déportation de 70 000 juifs autrichiens faisait donc partie de ces recrues.  

C’est l’une des histoires les plus écœurantes de la guerre froide. Demeurée secrète pendant soixante-quinze ans, elle vient d’être déclassifiée à Berlin et à Washington.

On sait depuis longtemps que nombre de scientifiques qui avaient travaillé pour Hitler et son industrie militaire ont été, après-guerre, recrutés par les services secrets occidentaux − surtout américains − et soviétiques.

Depuis 2014, on sait aussi qu’au nom de la lutte contre l’ennemi communiste, 1 000 anciens nazis ont été utilisés par la CIA et son homologue ouest-allemand, le BND.

Le journaliste du The New York Times Eric LICHTBLAU a publié en 2014 un livre sur ces sujets.

Dans les décennies qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, la CIA et d'autres agences américaines ont employé au moins un millier de nazis comme espions et informateurs de la guerre froide et, aussi récemment que les années 1990, ont dissimulé les liens du gouvernement avec certains vivant encore en Amérique, récemment révélés. 

 

Au plus fort de la guerre froide dans les années 1950, des responsables de l'application de la loi et du renseignement comme J.Edgar HOOVER du FBI et Allen DULLES de la CIA ont recruté des nazis de tous les rangs comme «actifs» secrets antisoviétiques, selon des archives déclassifiées. Ils pensaient que la valeur du renseignement des ex-nazis contre les Russes l'emportait sur ce qu'un fonctionnaire a appelé des «manquements moraux» dans leur service au Troisième Reich.

 

Et en 1994, un avocat de la CIA a fait pression sur les procureurs pour qu'ils abandonnent une enquête sur un ex-espion à l'extérieur de Boston impliqué dans le massacre par les nazis de dizaines de milliers de Juifs en Lituanie, selon un responsable du gouvernement.

Les preuves des liens du gouvernement avec les espions nazis ont commencé à apparaître publiquement dans les années 1970.

 

Un officier SS, Otto von BOLSCHWING, était le mentor et le principal assistant d'Adolf EICHMANN, l'architecte de la «solution finale», et a rédigé des documents de politique sur la manière de terroriser les juifs.

Pourtant, après la guerre, la CIA l'a non seulement engagé comme espion en Europe, mais l'a transféré avec sa famille à New York en 1954, selon les archives.

 

Lorsque des agents israéliens ont capturé EICHMANN en Argentine en 1960, Otto von BOLSCHWING est allé chercher de l'aide à la CIA parce qu'il craignait qu'ils ne viennent après lui, selon des mémos.

Les responsables de l'agence craignaient également que M. von BOLSCHWING ne soit nommé «collaborateur et compagnon conspirateur d'Eichmann et que la publicité qui en résulte puisse être embarrassante pour les États-Unis», a écrit un responsable de la CIA.

 

Lorsque le ministère de la Justice se préparait en 1994 à poursuivre en justice un collaborateur nazi de Boston nommé Aleksandras LILEIKIS, la CIA a tenté d'intervenir.

 

Les propres fichiers de l'agence reliaient M. LILEIKIS aux massacres à la mitrailleuse de 60 000 Juifs en Lituanie. Il a travaillé «sous le contrôle de la Gestapo pendant la guerre», note son dossier de la CIA, et «était peut-être lié à la fusillade de Juifs à VILNA».

Malgré cela, l'agence l'a embauché en 1952 comme espion en Allemagne de l'Est et lui a ouvert la voie pour immigrer en Amérique quatre ans plus tard, selon les archives.

 

 

 

dimanche 9 mai 2021

Où est la gauche ?

 

Aujourd’hui je suis assez amer de constater la situation politique dans laquelle se trouve notre pays et en particulier la gauche.

Sans vouloir jouer les devins je redoute les élections présidentielles à venir en 2022. La montée dans l’électorat populaire des idées de l’extrême droite incarné par la famille Le Pen me soucie considérablement. Je crains en effet une victoire de la droite extrême en 2022.

Actuellement le parti socialiste n’est plus que l’ombre de lui-même. Les querelles d’ego entre les différents partis de gauche me font penser à la situation de l’Allemagne de 1934 à la veille de l’avènement au pouvoir d’Hitler et de ses hordes nazies.

En 1934 les partis socialistes et communistes allemands se faisaient une guerre féroce chacun voulant écraser l’autre. Les communistes allemands parlant de « passer sur le ventre de la social-démocratie ». Les masses populaires allemandes ne votaient plus à gauche sans doute écœurées par les querelles des deux grands partis et succombaient aux promesses d’une droite nationaliste qui rêvait de revanche à l’égard de la France, mais aussi d’effacer le traité de Versailles de 1918. Un traité qui avilissait le peuple allemand. Traité qui était déjà porteur d’une future guerre européenne.

Pour cela il fallait des boucs émissaires les juifs d’abord les communistes ensuite puis vinrent ensuite les socialistes, les homosexuels et les francs-maçons.

Il fallait aussi des alliances, ce fut le Pacte germano-soviétique. Si l’on peut considérer que le pacte germano soviétique entre Staline et Hitler a permis à ce dernier, pour un temps, d’être relativement tranquille sur sa frontière est. Aujourd’hui, force est de constater qu’il existe des passerelles entre le gouvernement du président de la fédération de Russie et l’extrême droite lepéniste.

Ne seraient-ce pas les conséquences des sanctions économiques et politiques prises contre la Russie ? Posons-nous la question.

Concernant le Pacte germano-soviétique dont les politiciens de droite nous rebattent les oreilles faut-il rappeler que ce sont les gouvernements de la Grande Bretagne et la France en particulier des généraux français (tel Weygand) qui ont tout fait pour saboter une bonne alliance à l’est, refusant toute alliance avec l’URSS contraignant cette dernière à un Pacte contre-nature.

Aujourd’hui en France nous sommes dans la même situation : les partis de gauche ont perdu une grande part de leur électorat populaire. Le parti communiste est terriblement affaibli voire à la limite de l’existence, remplacé à gauche par le groupe de la France Insoumise. Ce groupe qui se comporte avec les socialistes aujourd’hui de la même manière que se comportait le parti communiste allemand à l’égard des socialistes en 1934. À cela s’ajoute les querelles avec les tenants d’une écologie politique qui se veut radicale et sans concession.

Les mêmes faits produisant les mêmes effets il va sans dire que le chemin du Rassemblement National (ex Front National) est largement ouvert. J’en veux pour preuve dans ce département d’Indre-et-Loire, que je connais un peu, le constat fait ce jour de 08 mai 2021 sur de nombreux cantons la gauche ne présente pas de candidats. Mieux à Saint-Pierre-des-Corps, ou après des décennies de gouvernance de la municipalité par le parti communiste, les élections municipales de 2020 ont amené, du fait des batailles entre les mouvements de gauche, à la défaite électorale de cette gauche impuissante et divisée. Mais cela n’a pas servi de leçon sur le canton de Saint-Pierre-des-Corps, une fois encore la gauche part en ordre dispersé. Ce qui ne peut que réjouir les tenants de la droite et de l’extrême droite.

Cette situation n’est pas unique au département d’Indre-et-Loire. Un peu partout dans notre pays les mêmes à gauche continuent de s’affronter. Ne voulant pas voir le danger qui menace ou le percevant, ils considèrent qu’ils sont l’un où l’autre le mieux placé pour y faire face alors qu’en vérité seule l’union permet d’espérer un succès face à la droite et à l’extrême droite.

Mitterrand, malgré ces zones d’ombre et de lumière, avait eu la clairvoyance de tout mettre en œuvre pour assurer un front de gauche.

C’est cela qui a permis, il y a exactement 40 ans, la victoire du 10 mai 1981. 

Sachons-nous en souvenir.