Au premier plan de la contestation contre la
dictature jusqu'en 1974, cheville ouvrière de la gauche radicale en Grèce, le
héros national Manolis GLEZOS
est décédé lundi 30 mars 2020 à l'âge de 97 ans dans un hôpital d'Athènes où il
avait été admis
Dans la nuit
du 30 au 31 mai 1941, alors âgé de 18 ans, Manolis GLEZOS décrochait, avec son
ami Apostolos SANTAS, 19 ans, le drapeau nazi du monument antique athénien.
Apostolos SANTAS
est décédé en avril 2011.
Pourquoi, alors, ce jour-là ?
Lors d'un
entretien à l'AFP en juin 2011 Manolis GLEZOS explique :
« Le jour précédent, Hitler a
abattu des résistants en Crète et il a fait "un discours expliquant qu’il n’y
avait plus d’ennemis contre les nazis en Europe, que l’Europe était libre ! "
Ce fut notre réponse à cette phrase.
Nous voulions montrer que ce qu’il disait n’était pas la vérité et que le
combat ne faisait que commencer. »
Pour
ces jeunes résistants il était « inacceptable que l’Acropole soit polluée
par ce drapeau nazi alors qu’elle représente l’humanisme de toute l’Humanité.
Ce drapeau nuisait à cette icône. Nous avons décidé de le descendre. »
Manolis
GLEZOS, le «premier résistant d'Europe» (Photo : Louisa GOULIAMAKI/AFP
Après
la défaite nazie, les troupes anglaises combattent les résistants communistes
qui ont gagné la guerre et refusent de désarmer.
Le
pays entre dans quatre années de guerre civile.
Pendant
la guerre civile (1946-1949), il se bat aux côtés des communistes. Il reste
membre de ce parti, le KKE, malgré son interdiction.
En
1949, Manolis GLEZOS est condamné à mort pour trahison.
Un
dirigeant grec l'annonce à une presse incrédule, en leur affirmant que sa tombe
est déjà prête.
"Ma
mère est allée voir mon tombeau", explique-t-il.
Il
se souvient de la radio grecque diffusant, le dimanche après sa condamnation,
un extrait de la radio française, qui annonce : "Le général de Gaulle s'adresse au gouvernement grec
pour qu'il n'exécute pas le premier résistant d'Europe."
Voici quelques années lors d’un
entretien avec la Presse il déclarait :
« Le général de
Gaulle a exagéré. Je ne suis pas le premier résistant d'Europe. »
Il se lève et sort de sa
bibliothèque les deux gros volumes de son histoire de la Résistance ainsi que
la photo en noir et blanc d'un jeune homme. « C'est
lui le premier partisan. » Il s'agit de Mathios POTAGAS. « Le 2 mai 1941, il s'est mis sur
la route devant une colonne allemande pour leur demander d'arrêter et leur dire
: "Vous n'avez pas gagné. Vous n'allez pas nous rendre esclaves, car notre
âme est toujours libre. Je suis seul, mais derrière moi il y a tout le peuple
grec. » Il avait 17 ans. Ils lui ont
écrasé la tête à coups de pierres."