Homme d’État, européen, premier ministre, chef de parti, écologiste converti
mais aussi penseur de la gauche et de la démocratie... Michel ROCARD, qui nous
a quittés ce samedi à l'âge de 85 ans, n'était pas homme à se laisser enfermer
dans une seule case.
La Ministre de la Santé Marisol
TOURAINE lui a rendu un hommage simple, mérité et chaleureux :
« C’est avec une intense émotion et une profonde
tristesse personnelle que j’apprends la mort de Michel ROCARD. Il a joué un rôle
décisif à gauche, pour que celle-ci se modernise et s’inscrive dans son temps.
Comme tous les précurseurs, il a affronté la méfiance. Éternel jeune homme, il
poursuivait inlassablement son combat pour une gauche rénovée mais
déterminée dans la bataille contre les inégalités. Ce soir, je pense aussi à
l’homme qui m’a fait confiance, qui m’a donné envie de m’engager en politique
et m’a toujours impressionnée par son intelligence et sa bienveillance. »
Au moment de la guerre d’Algérie
il avait rompu avec la SFIO. Avec Edouard DEPREUX qui avait créé le Parti
Socialiste Autonome (PSA), il avait participé à l’organisation du Parti
Socialiste Unifié (PSU).
A l’époque militant
syndical étudiant, et membre des Étudiants Communistes je l’ai connu au travers
de cette organisation nouvelle qu’était le PSU.
Le PSU, organisation à
laquelle je n’étais pas adhérent, militait pour l’indépendance de l’Algérie, et
nous avions des réunions communes. Je me souviens qu’Il était très opposé à l’action
de ces militants que l’on désignait alors comme étant « les porteurs de
valises du FLN », ce qui avait alors suscité des conflits au sein même du
PSU.
Plus tard, personnellement
– au temps où j’étais adhérent du Parti Socialiste – je n’ai jamais été « rocardien »
mais je dois lui reconnaître le mérite d’avoir voulu réformer notre vie
publique.